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Photo : Marion Chuniaud et Ruben Naranjo

Mindel Grossbard

Biographie

Mindel Grossbard est danseuse, improvisatrice et musicienne. Elle est fascinée par la musique qui traverse son corps. Elle utilise le piano, la guitare et le mouvement à la fois comme outils et comme matières pour tisser des histoires et se relier à ce qui est profondément humain.

L’improvisation contact est sa plus grande enseignante : un outil pour accéder à la joie et une manière d’apprendre sur la vie. Elle aime jouer avec la gravité et avec d’autres corps en mouvement afin d’explorer le phénomène de tomber vers le haut. Sa pratique du mouvement est nourrie par les principes de l’Axis Syllabus ainsi que par une résidence de deux ans à Earthdance, au Massachusetts.

Mindel a grandi dans un village hassidique isolé et strict, où la culture et les traditions étaient riches, mais parfois au détriment de sa liberté. À vingt ans, elle a quitté cette communauté et a commencé son parcours en danse. Depuis, les échos de son passé continuent de résonner dans son travail artistique.

Approche artistique

Je crée parce que je dois créer. C’est une question de vie ou de mort. Je chante, je danse et je crée de la musique pour découvrir qui je suis.

Il y a en moi, et il y a toujours eu, une impulsion inexplicable à bouger et à faire de la musique. Pour moi, ces deux choses ne font qu’une : un élan de survie. Je me demande constamment ce qu’est cette impulsion et d’où elle vient.

Je danse parce que, lorsque je danse, je me sens vivante.

Je danse parce que je me sens perdue — perdue entre les mondes que j’ai connus et celui dans lequel je vis aujourd’hui. J’ai tourné le dos à la religion, à la tradition et à la culture. Je me suis trahie pour trouver une liberté créative. J’essaie de rejeter tout ce qui me rappelle mon passé, et pourtant, il réapparaît partout où je regarde et dans tout ce que je crée. Je danse le deuil, l’impossibilité de pardonner, ce qui demeure impardonnable. Je danse pour intégrer la richesse et la beauté de l’ancien avec les possibilités du nouveau.

Je danse parce que cela m’apporte de la joie. Je danse parce que j’ai plus de questions que de réponses.

Puis-je bouger avec ce qui me met en mouvement ?

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